top of page

Mayura : « Il fallait que je revienne sur ma terre natale »

12 sept.
4 min de lecture


rencontre avec mayura
Rencontre dans le cadre de la conférence de presse des Francofolies Nouvelle-Calédonie

Plumes colorées, maquillage, danse et ambiance onirique : sur scène, Mayura attire immédiatement le regard. Pourtant, derrière ce personnage flamboyant se cache une histoire intime, directement liée à l’enfance de l’artiste.


« J’ai grandi près de la mer et nous avions beaucoup de paons autour de la maison. Ma mère adorait leurs plumes. Le soir, lorsque nous les entendions crier, elle me disait que leur cri ressemblait à mon prénom, Léa, et que c’était mon fan-club. »


Cette plaisanterie familiale et son admiration pour les couleurs de l’animal ne l’ont jamais quittée. Au moment de choisir son nom de scène, l’artiste s’est naturellement tournée vers cette figure symbolique : Mayura signifie “paon” en sanskrit.


Un choix qui fait également écho à son intérêt pour la méditation, le yoga et les philosophies qui les accompagnent.


Mayura sur scène, Léa dans les chansons


Mayura vit dans un univers de rêve, tandis que Léa se décrit comme davantage ancrée dans la réalité. Deux facettes qui se complètent sans véritablement s’opposer.

Formée à la comédie musicale et également comédienne, Léa a toujours aimé incarner des personnages.


« Depuis toute petite, je me déguisais, je prenais des accents et je faisais semblant d’être quelqu’un d’autre. C’est donc venu assez naturellement lorsque je suis devenue chanteuse. »

Endosser le costume de Mayura lui apporte une force supplémentaire lorsqu’elle monte sur scène. C’est aussi une manière d’offrir au public un véritable spectacle visuel, nourri par son goût pour les plumes, le maquillage et la danse.

Mais lorsqu’il s’agit d’écrire, le personnage s’efface.


« Tout ce que j’écris, c’est vraiment Léa à 100 %. Le personnage visuel de Mayura est principalement là pour la scène, pour apporter du rêve et pour s’amuser. »


Une inspiration puisée dans la vie


Chez Mayura, il n’existe pas de processus de création unique. Une chanson peut naître d’une mélodie, de quelques accords joués au ukulélé ou simplement d’un mot entendu au détour d’une conversation.


L’artiste consigne alors ses idées sur son téléphone avant d’y revenir pour les développer. Son mari, guitariste au sein de son groupe, l’accompagne également dans la composition.


Ses textes s’inspirent avant tout de ce qui l’entoure : ses expériences personnelles, les relations amoureuses, la famille, la maternité, l’écologie et le monde dans lequel elle évolue.

« Maintenant que je suis maman, ma sensibilité est encore plus forte. Tout ce qui se trouve autour de moi peut m’amener à écrire une chanson. »


Mayura ne souhaite cependant pas enfermer sa musique dans un seul engagement. L’amour, la famille, la nature et les préoccupations de son époque se croisent dans ses compositions, comme autant de facettes de la vie.


Les Francofolies, une reconnaissance


La participation de Mayura aux Francofolies de Nouvelle-Calédonie représente une véritable reconnaissance après plusieurs années difficiles pour les artistes.


Son premier album est sorti en pleine période de Covid, peu avant la naissance de son premier enfant. L’impossibilité de partir en tournée et de faire voyager ce projet avait alors freiné ses ambitions.


« Nous n’avons pas vraiment pu le défendre sur scène ni l’exporter comme je l’aurais souhaité. Pouvoir aujourd’hui participer à une grande scène avec des artistes internationaux permet aussi de remettre ce premier album dans la lumière. »


Une nouvelle étape d’autant plus importante qu’un deuxième album est déjà en préparation.


Retrouver ses racines pour trouver son identité


Avant de revenir en Nouvelle-Calédonie, Léa a vécu plusieurs années à l’étranger, notamment en Nouvelle-Zélande et à Paris. Une expérience enrichissante, mais également marquée par les nombreuses injonctions du milieu artistique.


« On nous critique constamment. On nous explique comment il faudrait chanter, quel style adopter ou encore qu’il faut se dépêcher avant d’avoir 30 ans. À force, on ne sait plus vraiment qui l’on est. »


Son retour sur le Caillou a alors agi comme une évidence. En retrouvant sa terre natale et des artistes imprégnés des sonorités calédoniennes, kanak et reggae, elle a progressivement construit une identité musicale qui lui ressemble.


« Lorsque je suis revenue ici, tout a pris son sens musicalement. Il fallait que je revienne sur ma terre natale et que je m’ancre dans mes racines. »


C’est de cette reconnexion qu’est véritablement née Mayura : une artiste à la fois rêveuse et ancrée, moderne et sauvage, ouverte sur le monde mais profondément attachée à la Nouvelle-Calédonie.


Soutenir les artistes calédoniens


À travers sa participation aux Francofolies, Mayura souhaite avant tout partager sa musique et transmettre un message d’amour. Elle profite également de cette exposition pour rappeler l’importance de soutenir les artistes locaux toute l’année.


« Nous n’avons pas souvent la chance de monter sur de grandes scènes. Il faut aussi venir soutenir les artistes calédoniens lorsqu’ils jouent dans de petits bars, écouter leurs morceaux sur les plateformes et les encourager. C’est la plus belle chose qui puisse nous arriver. »


Interview réalisér par Soizic LECORNU. Merci à Mayura pour sa disponibilité et la sincérité de cet échange, ainsi qu’à l’équipe des Francofolies de Nouvelle-Calédonie pour son accueil.


Mayura sera sur la scène le samedi 12 septembre 2026. Programmation officielle des Francofolies.



bottom of page