Helena : « Les chansons, c’est un peu comme des tatouages »
- S.Lecornu
- il y a 3 minutes
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Venue pour la première fois en Nouvelle-Calédonie à l’occasion des Francofolies de Nouméa, Helena s’est confiée à MAG A NOUS. Rencontre avec une jeune artiste heureuse de découvrir un public si éloigné de chez elle, lucide sur son évolution et déterminée à faire de sa musique un espace dans lequel chacun peut se reconnaître.

Une rencontre qui semble encore irréelle
Pour Helena, cette venue en Nouvelle-Calédonie ne ressemble pas à une date ordinaire. La distance, le dépaysement et surtout l’idée que ses chansons aient voyagé jusqu’ici continuent de la surprendre. Elle mesure la chance de pouvoir découvrir le territoire en faisant ce qu’elle aime le plus : chanter.
« Je n’arrive pas encore à comprendre qu’il y ait vraiment des êtres humains qui écoutent ma musique et qui me connaissent, entre guillemets, aussi loin de chez moi. »
Une réalité encore difficile à pleinement conscientiser pour la jeune chanteuse, mais qui nourrit son enthousiasme à l’idée de monter sur la scène des Francofolies. Plus que la performance, Helena évoque d’abord la rencontre : celle avec un public qu’elle ne connaît pas encore et dont elle espère être à la hauteur.
« J’ai hâte de découvrir comment ils seront. J’espère surtout être à la hauteur de leurs attentes et que nous passerons un bon moment tous ensemble. Pouvoir vivre ce genre d’expérience grâce à la musique me rend vraiment très heureuse. »
Une identité artistique appelée à évoluer
Révélée très rapidement au grand public, Helena a dû construire son univers artistique tandis que sa vie changeait à grande vitesse. Aujourd’hui, elle estime avoir trouvé son identité, sans pour autant vouloir la figer. Pour elle, créer signifie aussi accepter que l’on évolue parfois plus vite que les chansons déjà écrites.
« Je ne pense pas que l’on atteigne vraiment un point définitif. Je grandis en même temps que je découvre la musique et la manière dont ce monde fonctionne. Certaines chansons ont été écrites il y a presque trois ans. »
Elle reconnaît ne jamais être totalement satisfaite de ce qu’elle propose, non par rejet de son travail, mais parce que chaque nouvelle expérience transforme son regard. Pour l’expliquer, elle choisit une image aussi spontanée que parlante.
« Les chansons, c’est un peu comme des tatouages. On décide, à un moment donné, de les écrire et de les faire parce qu’on en a réellement envie. Plus tard, soit on les regrette, soit on se dit que c’est un chouette souvenir. Mais on ne fait que grandir. »
Son identité artistique existe donc bien, assure-t-elle, mais elle continuera naturellement à évoluer avec elle, au rythme de ses découvertes, de ses expériences et du temps qui passe.
Transformer une fragilité en chanson
Avec « Summer Body », Helena a mis des mots sur l’image de soi et le poids du regard extérieur. Un sujet d’autant plus sensible que sa notoriété l’expose quotidiennement aux commentaires des réseaux sociaux. Elle ne nie pas leur violence, mais affirme avoir construit des protections solides.
« On aimerait que certains commentaires n’existent pas. Mais lorsque cela parle de moi, ce n’est pas quelque chose qui me touche particulièrement, parce que je connais l’estime que j’ai pour moi. Je suis aussi très bien entourée et je reçois beaucoup plus d’amour que de négatif. »
La chanteuse s’interroge néanmoins sur les raisons qui poussent certaines personnes à écrire ces messages. Une question qui, dit-elle, continuera probablement longtemps à la tarauder. « Summer Body » reste avant tout liée à un moment personnel durant lequel elle avait besoin de l’écrire.
« C’est une chanson qui m’a fait énormément de bien. Et, à travers les messages et les témoignages que je reçois, j’ai l’impression qu’elle a aussi fait du bien aux personnes qui l’écoutent. »
Au-delà de la médiatisation et du bruit des réseaux sociaux, Helena revient ainsi à l’essentiel : créer des chansons capables d’accompagner celles et ceux qui les écoutent. « La musique, c’est aussi cela. C’est mon objectif principal, peu importe ce qui se passe sur les réseaux en dehors de ça. »
Merci à HELENA et son équipe pour leur disponibilité, un grand merci aux Francofolies de Nouméa pour l'invitation
Entretien réalisé par Soizic LECORNU pour le Mag A Nous

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