Guillaume Amarnier : « Ce que je veux raconter est le plus important dans ma musique »
Auteur-compositeur-interprète originaire de Nouméa, Guillaume Amarnier franchit une nouvelle étape avec la sortie de son premier album solo, Pas des chansons d’amour. À quelques heures de monter sur la scène des Francofolies de Nouvelle-Calédonie, l’artiste s’est confié à MAG A NOUS sur sa manière de créer, sa liberté retrouvée et son envie de révéler une autre facette de lui-même sur scène.

Après plusieurs années de création, un EP et différents singles, Guillaume Amarnier a choisi 2026 pour dévoiler son premier album solo. Une décision qui s’est imposée au moment où l’artiste a senti sa musique gagner en cohérence et en maturité.
« Avec mes singles précédents, je partais un peu dans tous les sens. Pour cet album, j’ai réussi à trouver une direction artistique plus resserrée. »
Un travail qui demande du temps puisque Guillaume Amarnier tient à réaliser lui-même l’ensemble de sa musique. Cette autonomie lui offre une grande liberté, mais l’oblige également à prendre du recul pour ne pas se disperser.
Des chansons d’amour… mais pas seulement
Son premier album s’intitule Pas des chansons d’amour. Un titre volontairement choisi à contre-pied, puisque les sentiments occupent une place importante dans son univers.
Après l’EP Full Sentimental, sorti en 2022, et plusieurs chansons largement inspirées par les relations amoureuses, l’artiste souhaitait élargir son propos.
« Les gens me disaient souvent que je ne faisais que des chansons d’amour. J’ai trouvé amusant de jouer avec cela dans le titre. »
Ce premier album solo se veut plus rétrospectif. Guillaume Amarnier y aborde les relations humaines, mais aussi son parcours, son enfance et les différentes étapes de la vie. Certaines chansons sont d’ailleurs nourries d’émotions anciennes, conservées pendant plusieurs années avant de trouver leur forme définitive.
« J’ai souvent besoin de laisser mûrir mes chansons et mes textes. Ils peuvent venir de relations passées qui datent de cinq ou six ans. Il me faut parfois du temps pour mettre mes sentiments au clair et savoir ce que je veux exprimer. »
L’écriture comme point de départ
Si Guillaume Amarnier compose aujourd’hui seul ses morceaux, l’écriture reste au cœur de son identité artistique.
« Ce qui me vient comme une pulsion, ce qui représente peut-être mon essence artistique, c’est l’écriture. Je me suis mis à la musique après. »
Son processus de création commence souvent par une courte boucle musicale. Quelques secondes suffisent parfois à faire naître une mélodie, un chant puis les premiers mots. Mais l’artiste refuse de forcer l’inspiration.
Lorsqu’une musique ne provoque aucune émotion ou ne fait émerger aucune histoire, il préfère la laisser de côté.
« Ce que je veux raconter est vraiment le plus important dans ma musique. »
La liberté du projet solo
Avant de se lancer seul, Guillaume Amarnier a connu plusieurs aventures collectives, notamment avec Babes in Woods, puis en duo avec Trafic. Son passage en solo a profondément modifié sa façon de travailler. La biographie officielle des Francofolies retrace ce parcours commencé en 2017.
Désormais seul maître de sa direction artistique, il peut explorer librement les sonorités et les histoires qui l’inspirent, sans devoir rechercher de compromis.
« Je demande toujours des avis, mais je peux réellement aller où je veux. Cette liberté est tellement importante que je ne pense pas pouvoir revenir en arrière et reformer un groupe. »
Sa manière d’écrire reste toutefois fidèle à ses débuts, avec la même envie de transmettre des émotions et de raconter des histoires.
Un objectif devenu réalité
Participer aux Francofolies de Nouvelle-Calédonie représentait depuis longtemps un objectif pour l’artiste nouméen. Retenu après avoir proposé sa candidature, Guillaume Amarnier mesure pleinement l’importance de cette scène, sur laquelle se produisent également des artistes internationaux.
« C’est un vrai honneur d’avoir été choisi. Cela faisait longtemps que j’avais cet objectif en tête et je suis très heureux de le réaliser. »
Plus impatient qu’intimidé, il confie même ressentir davantage de pression lors d’une conférence de presse que lorsqu’il monte sur scène.
Car c’est précisément en concert que Guillaume Amarnier souhaite révéler une facette de lui-même que le public ne connaît pas forcément encore.
« Ceux qui ont découvert ma musique à la radio ou sur Internet ne savent peut-être pas ce que je donne sur scène. J’aime construire quelque chose de crescendo et terminer avec des morceaux qui bougent. »
Des chansons revisitées et quelques surprises sont annoncées. L’occasion de découvrir non seulement son premier album, mais aussi toute l’énergie d’un artiste prêt à franchir une nouvelle étape de son parcours.
Interview réalisée par Soizic LECORNU. Merci à Guillaume Amarnier pour sa disponibilité et la sincérité de cet échange, ainsi qu’à l’équipe des Francofolies de Nouvelle-Calédonie pour son accueil.

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