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La roussette : entre tradition, et urgence écologique

Discrète mais essentielle, la roussette fait partie du quotidien des Calédoniens. Derrière cet animal emblématique se cachent pourtant des enjeux majeurs, entre traditions culinaires, biodiversité et nécessité de préservation.


la roussette entre tradition et urgence écologique

À la tombée de la nuit, elles traversent le ciel calédonien en silence, presque invisibles… et pourtant essentielles. La roussette, emblème discret de la Nouvelle-Calédonie, se trouve aujourd’hui au cœur d’un équilibre fragile. Entre traditions culinaires profondément ancrées et rôle écologique indispensable, cette chauve-souris pas comme les autres cristallise des enjeux bien plus vastes qu’il n’y paraît. Car derrière sa présence familière, une question se pose : comment concilier héritage culturel et préservation d’une espèce devenue vulnérable ?


Un animal emblématique du territoire

Suspendues aux branches des grands arbres ou en plein vol à la tombée du jour, les roussettes font partie du paysage naturel calédonien. Ces chauves-souris frugivores, appartenant au genre Pteropus, impressionnent par leur envergure pouvant atteindre plus d’un mètre.


En Nouvelle-Calédonie, deux espèces principales cohabitent : Pteropus ornatus et Pteropus tonganus. Contrairement aux idées reçues, elles sont totalement inoffensives pour l’homme et se nourrissent exclusivement de fruits, de nectar et de fleurs.


Un rôle écologique indispensable

La roussette est un acteur clé de l’environnement calédonien. En se nourrissant et en se déplaçant sur de longues distances, elle assure la dispersion des graines, contribuant à la régénération des forêts.


Elle joue également un rôle essentiel dans la pollinisation de nombreuses plantes. Sans elle, certaines espèces végétales auraient du mal à se reproduire, ce qui fragiliserait l’ensemble de l’écosystème.


Dans un territoire aussi riche et unique que la Nouvelle-Calédonie, la roussette est donc bien plus qu’un simple animal : elle est un pilier de la biodiversité.


Une tradition bien ancrée

La roussette occupe aussi une place importante dans la culture kanak. Elle est traditionnellement consommée lors de cérémonies ou de moments particuliers, notamment en bougna ou en civet.


Cette pratique s’inscrit dans un cadre coutumier respectueux des cycles naturels. Elle témoigne du lien profond entre les populations locales et leur environnement.


Aujourd’hui encore, la roussette reste un mets apprécié, même si sa consommation est désormais plus encadrée.


Une chasse réglementée

Pour préserver l’espèce, la chasse à la roussette est strictement encadrée en Nouvelle-Calédonie.


👉 Période autorisée : du 1er avril au 31 mai

En dehors de cette période, la chasse est interdite afin de protéger les phases de reproduction et de garantir le renouvellement des populations.


Des règles spécifiques peuvent également s’appliquer selon les provinces, renforçant cette protection.


Des menaces bien réelles

Malgré ces mesures, la roussette reste fragile. Plusieurs facteurs menacent sa survie :

  • la déforestation

  • les cyclones

  • la chasse excessive

  • les perturbations humaines

Dans certaines zones, les populations ont déjà diminué, ce qui alerte les spécialistes et les autorités.


Une cohabitation parfois complexe

Si la roussette est essentielle à l’écosystème, elle peut aussi poser problème aux agriculteurs en s’attaquant aux cultures fruitières.


Des solutions existent pour limiter ces impacts :

  • filets de protection

  • dispositifs d’effarouchement

  • adaptation des pratiques agricoles


L'objectif est de trouver un équilibre durable entre activité humaine et préservation de la faune.


La roussette n’est pas qu’un animal du quotidien : elle est le reflet d’un territoire, de ses traditions et de ses équilibres fragiles. À l’heure où les pressions environnementales s’intensifient, sa préservation devient un enjeu collectif. Trouver le juste équilibre entre pratiques culturelles et protection de la biodiversité ne sera pas simple, mais il est essentiel. Car protéger la roussette, c’est aussi préserver ce qui fait l’identité profonde de la Nouvelle-Calédonie : un lien étroit, vivant et précieux entre l’homme et la nature.


Conseils : Si vous observez des roussettes près de chez vous, évitez de les déranger, surtout Si vous observez des roussettes près de chez vous, évitez de les déranger, surtouten journée lorsqu’elles se reposent, afin de ne pas perturber leurs colonies. Préserver leur tranquillité, c’est déjà contribuer concrètement à leur survie.

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