top of page

INTERVIEW I Claire Potdefer (DAC) : “les filles ont beaucoup de bienveillance”

Cette semaine, le Drehu Athletico Club s’envole pour la première fois de son histoire

footnc

participer à une Ligue des Champions Féminine Océanienne de football, aux Iles Salomon. Quatre ans après le sacre de l’ASAF lors de la première édition, les filles du club communal de Lifou, championnes de Calédonie en 2025, vont découvrir cette compétition avec humilité, mais avec une pointe d’ambition tout de même ! A cette occasion, FOOTNC a rencontré Claire Potdefer, jeune métropolitaine tout récemment arrivée sur le Territoire et qui s’est engagée en faveur de la DAC cette année.


claire potdefer
 Claire au milieu de l’équipe de la DAC (crédit photo : DAC)

Claire pour commencer, peux-tu te présenter un petit peu ? D’où viens-tu ?


Je suis originaire de Clermont-Ferrand, dans le centre de la France. J’ai 31 ans, et ça fait..... 22 ans que je joue au football ! J’ai commencé à l’âge de 9 ans. J’ai joué dans plusieurs clubs proches de chez moi, majoritairement au niveau Régionale 1.


Depuis quand es tu arrivée sur le “Caillou” ?


Je suis arrivée en Calédonie depuis le 30 décembre 2025. J’avais des amis déjà présents sur le Territoire qui m’en ont dit beaucoup de bien, donc moi aussi j’ai “tenté l’aventure” ! Et on peut dire que pour le moment, je ne suis pas trop déçue, la vie est plutôt douce en Calédonie !


Quel type de joueuse es-tu ? Plutôt Kyllian Mbappé ou Antoine Griezmann ? Attaquante ou défenseur ?


J’ai toujours joué au poste d’attaquant ! Mais ces dernières années, ils m’ont fait reculer d’un cran en numéro 10. C’est parce que je courre moins vite aujourd’hui je pense ! (rire) Non mais c’est sûre que les “petites jeunes” elles ont plus de vitesse que moi, donc il a fallu s’adapter. Avant j’étais à la conclusion, maintenant je suis à la passe ! (rire) Désormais, j’essaie surtout de jouer sur ma “vision du jeu”, d’orienter le jeu de droite à gauche et inversement, pour essayer de trouver les zones libres. Mais bon, si j’ai l’occasion de tenter ma chance en tirant de loin, je n’hésite pas ! (rire)


Pourquoi avoir choisi le club de la DAC ?


Et bien quand je suis arrivée sur le Territoire, je me suis renseignée sur les différents clubs qu’il y avait sur Nouméa. Jouer au football, c’est un bon moyen de partager un peu plus de chose avec les filles d’ici et de mon âge, donc je ne voulais pas louper cette occasion ! J’ai été faire un essai avec le club de la DAC et ça s’est très bien passé. J’ai été très bien accueillie ! Il faut dire qu’en Métropole, la “concurrence” entre les filles fait que ça crée souvent des “clans” au sein même de l’équipe. Les filles ont vite tendance à se “tirer dans les pâtes” pour essayer de gagner sa place. A la DAC, on m’a très bien intégrée. Je n’ai joué qu’un match pour le moment, contre Paita. On a gagné 2-1. Je pense qu’on peut faire mieux, mais il faut surtout prendre le temps de se connaître. En tout cas, c’est très intéressant de découvrir un nouveau club et une autre façon de jouer au football.


Justement, quelles différences vois tu entre les footballs féminins métropolitain et calédonien ?


Je pense en effet qu’il y a de grosses différences entre le football féminin en Métropole et ici, en Calédonie. En Métropole du fait qu’il y ait une grosse concurrence entre les filles comme je le disais plus haut, l’investissement nécessaire pour jouer est beaucoup plus important. C’est simple, si tu ne t’investis pas, que tu ne viens pas aux entrainements, tu ne risques pas de jouer aux matchs le week-end. Par contre, du coup à l’inverse, l’ambiance est bien meilleure ici, avec des filles qui sont beaucoup plus dans la “bienveillance” de leur partenaire. Le fait qu’il y ait peu d’équipes féminines sur la Calédonie, 6 il me semble, fait que le niveau des équipes est assez hétérogène dans le championnat, voire d’un samedi sur l’autre. En Métropole, il y a beaucoup d’équipes et plusieurs niveaux, donc tous les samedis, on joue des matchs difficiles contre des équipes de notre niveau. Après pour ce qui est du “jeu” lui-même, sûrement là aussi dû à ce qu’on fasse peu de matchs, les filles ici ont moins de repères “collectifs” qu’en Métropole, et jouent plus à “l’instinct”. C’est vrai qu’en Métropole, le jeu est plus “posé”. On écarte bien le jeu pour occuper toute la largeur. C’est assez tactique. Ici, on joue plus au “feeling”, on est un peu toutes sur la balle. Après les filles d’ici ont néanmoins de très grosses qualités !


Cette semaine vous vous envolez pour Salomon pour y jouer la première Ligue des Champions féminine du club. Quels sont les objectifs que vous vous fixez ?


Comme les dirigeants du club l’ont dit, on y va avec beaucoup d’humilité. C’est la première fois que le club va participer à une telle compétition. L’équipe est en plus amputée de quelques joueuses qui n’ont pas pu se rendre disponibles vis-à-vis de leurs études ou travail, donc il est difficile d’arriver en se fixant des objectifs très élevés. Je pense qu’il faut qu’on y aille en se rendant compte déjà de la chance énorme qu’on a d’aller jouer ce genre de compétition, de la chance qui est la nôtre de vivre des expériences comme celle-ci. Après, le groupe a de la qualité, donc on va essayer de se qualifier pour les demi-finales. Puis ensuite, qui sait, sur des matchs “secs” tout est possible, donc il faut y croire !


programme ofc femme
Programme de la Compétition (crédit : OFC)

Justement par rapport au fait que les joueuses travaillent, tu nous évoquais que des “instances sportives calédoniennes” pouvaient prendre en charge une partie de vos salaires lorsque vous allez jouer de telles compétitions. Qu’en est-il finalement ?


En effet, c’est ce qu’on m’avait dit. J’ai essayé de me renseigner. Initialement, je pensais que ça serait à la Direction de la Jeunesse et des Sports qu’il fallait aller voir, mais apparemment ça serait plus au CTOS Calédonien qu’il faut s’adresser. Pour l’heure, mon employeur m’a autorisée exceptionnellement à poser des congés et à prendre du “sans solde” pour m’absenter durant les 15 jours de compétition. C’est une chance que j’ai vis-à-vis d’autres filles de l’équipe, j’en suis bien consciente. Une fois rentrée des Iles Salomon, je me renseignerai à nouveau sur les démarches qu’il faut réaliser pour être éligible à ces subventions qui ne sont quand même pas anodines.


footnc

en partenariat avec FOOTNC.fr



bottom of page